Jean-Baptiste Nguini Effa

Dans le cadre des mesures barrières contre la propagation de la pandémie du Coronavirus, le Président de la République a signé le 15 avril 2020, un décret portant commutations et remises de peines à certains détenus dans le but de désengorger les prisons.

En qualité de président du bureau d’honneur de la fédération pour les sports, la culture et les loisirs des détenus, (FESCULD), Jean-Baptiste Nguini Effa, privé de liberté depuis environ sept ans pour des soupçons de détournement de deniers publics, a commencé sa correspondance en priant son destinataire de transmettre au Président Paul Biya, «les plus vifs remerciements» de la communauté carcérale pour son acte de clémence. Mais, comme celui qui dit merci en redemande, l’ancien patron de la SCDP s’est inspiré de la situation de la prison centrale de Yaoundé pour démontrer que les restrictions contenues dans le décret présidentiel, ne vont pas permettre de résoudre le problème de la surpopulation carcérale. «Une stricte application du décret du 15 avril 2020 qui ne s’adresse qu’aux détenus définitivement condamnés exclut d’office 80% des détenus qui sont prévenus, appelants ou cassationnaires», souligne Jean-Baptiste Nguini Effa, non sans rappeller que la prison centrale de Yaoundé compte près de 4000 détenus pour 1500 places environ. Afin de résoudre véritablement le problème de la surpopulation carcérale, «L’homme en blanc» fait les propositions suivantes:

1) Procéder à la libération provisoire ou définitive de tous les détenus âgés d’au moins 60 ans.

2) Procéder à la libération provisoire ou définitive de tous les malades présentant des pathologies à risque et autres comorbidités: diabète, hypertension, immunodéficience, maladies respiratoires et cardiaques, obésité grave, femmes enceintes, etc.

3) Procéder à la libération de tous les handicapés physiques et mentaux et de tous les mineurs tel que recommandé récemment par la section sociale du Barreau du Cameroun

4 )Procéder à la libération de tous les délinquants condamnés à deux ans de prison maximum ou à qui il reste moins de deux ans à purger sous réserve des travaux d’intérêt communs tels que, l’assainissement des voiries, des lieux et édifices publics pendant la durée du confinement avec tous les équipements de protection individuelle adéquats (masques, gants, casques, combinaisons, etc.)

5) Procéder à la libération définitive de tous les détenus ayant totalisé 10 ans de détention pour les crimes économiques et autres et 15 ans pour les crimes de sang.

6) Il va de soi que l’Etat à travers les commissariats de quartiers et le personnel pénitentiaire peut s’assurer de la surveillance judiciaire de tous ceux qui présentent des domiciles connus ou des garants et qui pourraient être mis en liberté provisoire si leur libération définitive n’est pas encore envisageable, compte tenu de leur dossier judiciaire.

«En conclusion et pour éviter un pogrom à Kondengui, telle est donc notre modeste contribution que nous voulons soumettre à votre haute expérience judiciaire et pour la très haute sollicitude et magnanimité du Chef de l’Etat», a conclu le président du bureau d’honneur de la FESCULD. La réaction des autorités est attendue alors que les décès suspects des suites du Covid-19 se multiplient à la prison de centrale de Yaoundé.

Redigé par: 237 Actu

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