Retrait du dialogue: Akere Muna, Dion Ngute et les 3 millions de Paul Biya

  • 07-10-2019

Dans ce droit de réponse en date du 1er octobre 2019 et destiné à Me Akere Muna, Abel Akam réagit à la défection d’un « fils à papa » au Grand dialogue national (Gdn) initié par le chef de l’Etat. Il devrait sûrement se mordre les doigts après le succès retentissant du dernier conclave du palais des Congrès.

Très cher Maître, c'est avec une profonde tristesse teintée de désolation que nous avons appris non sans la moindre surprise, votre retrait du Dialogue national. Permettez-nous de vous préciser que nous nous-y attendions tout de même dans la mesure où, un dicton de la commune Bafut dans le département du Mezam, région du Nord-Ouest précise : "to give life is a life experience " qui signifie : «Donner la vie est une expérience de vie.»

De ce proverbe ancien, il en ressort qu'on ne saurait demander à quelqu'un qui est incapable de s'asseoir avec sa propre famille pour négocier, de dialoguer avec le reste de la nation. Ce serait tout simplement aberration. Depuis plusieurs années, votre sœur vous traîne au tribunal pour faux et usage de faux après que vous ayez falsifié en connaissance de cause et dans un souci égoïste de jouissance personnel de l'héritage familiale, le testament de votre cher paternel. Aujourd'hui, vous osez vouloir nous assujettir à vos idéaux.

Le Dialogue ne saurait être imposition de ses idées, un dialogue se veut propositions d'idées pour la bonne cohésion sociale. Vous ne pouvez venir à un dialogue et faire des injonctions alors que les débats ont encore cours, cela est tout simplement du populisme. Les résolutions du Dialogue doivent être consignées dans un document qui devra très certainement être appliqué par le chef de l'Etat son excellence Paul Biya. Pourquoi minimiser autant la vie des nombreux Camerounais ? Que voulez-vous ? La satisfaction de vos intérêts propres ou ceux du peuple dans son entièreté ? Serait-ce possible de vous rappeler que, votre brillant cursus universitaire dans une des plus prestigieuses écoles occidentales a bien évidemment été financé par l'argent du contribuable camerounais ?! Doit-on vous dire ce que vous savez depuis bien longtemps ? Vous avez été façonné par ce pays malgré la traîtrise paraissante de votre paternel qui, en acceptant le poste de Premier ministre de 1960 à 1972 aurait pu négocier un meilleur avenir pour nos frères et sœurs du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Hélas ! Il a festoyé avec ceuxlà qui ont choisi le bien-être des leurs à contrario du bienêtre de tous les Camerounais.

Que reprochez-vous aujourd'hui à ce pays qui vous a tout donné au détriment de nous autres qui constituons le peuple oublié ?! Très cher Maître, croyez-vous vraiment que nous ne savons pas, que vous avez approché le Premier ministre afin de négocier le poste de vice-président ?

Non très cher, nous savons que votre désir d'ouvrir les débats sur la Constitution est tout simplement dans l'objectif de vous voir imposer comme leader anglophones, et bénéficier dudit privilège, vos affinités avec les terroristes qui décapitent nos compatriotes ne sont plus à démontrer. Très cher Maître, vous ratez encore là, une ultime occasion de vous voir pardonner les erreurs et manquements de votre personne qui, tout récemment, s'est dévoilé aux yeux du monde comme financier par excellence des terroristes ambazoniens. Le Sdf ne dira pas le contraire après s'être étonné de votre promptitude à connaître et divulguer la libération du Chairman John Fru Ndi alors qu'il était encore captif.

Votre émerveillement à relayer avec joie les décapitations de nos compatriotes ne nous aurait pas autorisé à vous accepter comme partie prenante de ce dialogue mais bon, le pardon étant en nous comme les plaies meurtries et éprouvantes causées par la vue de ces citoyens qui se font mutiler par ces terroristes, nous avons décidé de vous pardonner en ne nous offusquant pas de l'invitation à vous adresser par le Premier ministre. 3 millions de Fcfa Très cher Maître, vous avez cru bon de penser faire de votre retrait un événement majeur qui fera parler nombreux ? Lol ! Vous comprenez par le silence et le désintérêt porté à votre dégoulinade que vous êtes désormais dans l'oubli comme tout bon vendeur d'illusions.

Par ailleurs, pouvez-vous dans le respect strict de votre retrait, nous restituer dans nos caisses, les 3 millions perçus récemment chez le Premier ministre ? Vous vous êtes empressé d'y aller car, vous avez dans le sang, cette force qui vous contraint à piller notre pays. Très cher Maître, récemment encore, vos poulains ont kidnappé une femme ressortissante du Nord-Ouest, en toute inhumanité, en total mépris de la dépouille qu'elle venait d'enterrer, ils l'ont violé, mutilé et éparpillé son corps comme un trophée de guerre.

Avez-vous observé ces images ? Nous aimerions tant qu'elles soient ancrées en vous comme l'esclavage est en nous. Ne détournez pas le regard, ne fermez pas les yeux, regardez cette cruauté et cogitez. Le mal est-il nécessaire pour justifier le ras-le-bol ? Vous avez promis à nos frères et sœurs des emplois, une éducation de qualité, un paradis terrestre en 2 mois de conflits. Nous sommes rendus aujourd'hui à 3 ans de mutilations, 3 ans de non scolarisation, 3 ans de malnutrition, 3 ans de décès causés par des maladies infectieuses de la promiscuité à laquelle vivent les nombreux jeunes de ces régions.

Vos enfants, frères, sœurs, cousins et cousines sont-ils aussi en brousse ? Votre sang subit-il la férocité de la guerre ? Non, nous ne le pensons pas. Très cher Maître, nous pouvons bien être sceptiques sur la finalité de ce dialogue national mais, nous avons pensé que, vous, les invités à cette table, vous abandonnerez vos casquettes de politiciens pour vous soucier le temps d'un bref sursaut patriotique, de ce peuple qui souffre énormément. Tout en vous souhaitant bonne réception,

veuillez agréer, très cher, l'expression de notre profond respect.

Abel Akam-Facebook