LU POUR VOUS

« WILFRID ÉKANGA, N'EN FAISONS PAS TROP !

Les autorités nationales ont procédé à l'arrestation de Maurice Kamto, Président du MRC. Ne faisons pas comme si ces mêmes autori-tés, quelques années plus tôt, ne sont pas celles qui ont sorti le même d'une carrière anonyme de doyen de faculté et l'ont propulsé au rang d'avocat, (parmi d'autres), d'un procès de nature historique qui, jusqu'à présent, constitue son principal fait d'armes. On peut ne pas être d'accord avec les autorités de Yaoundé. Mais ne faisons pas comme si, après les bons et loyaux services de ton champion, ces autorités ont manqué de reconnaissance. Ne faisons pas comme si elles ne lui ont pas donné la possibilité d'oeuvrer à réformer le système judiciaire et d'améliorer le bien-être carcéral au Cameroun. Ne faisons pas comme si Maurice Kamto n'avait pas la possibilité de visiter les prisons et d'en proposer des améliorations. Ne faisons pas comme s'il les avait proposées, alors qu'il a passé 7ans au poste de ministre délégué, et qu'on ait ignoré toutes ses propositions. Ne faisons pas comme si nous avions de pleins parapheurs de suggestions combattues ou que nous ayons la preuve qu'il ait - ne serait-ce qu'une seule fois - rendu visite à l'un de ces pauvres diables incarcérés, (fût-ce l'un des siens), et que nous en ayions la preuve que nous puissions exhiber à sa décharge. Ne faisons pas comme si, la possibilité d'oeuvrer à améliorer le système de l'intérieur ne lui avait pas été offerte ou que, en ayant été em-pêché, il nous eût, d'une manière comme d'une autre, pris à témoin de ses efforts. Ne faisons pas comme si cette possibilité d'oeuvrer à réformer le système, il ne l'avait déclinée lui-même, de la manière la plus cavalière, au point que celui qui l'avait nommé apprenne sa dé-mission par voie de presse. Ne faisons pas comme si on l'avait empêché de créer un parti et de l'implanter comme cela a été le cas de plus de 300 autres. Ne faisons pas comme si, durant ses 7 ans d'implantation de son parti, il n'a pas eu le temps où la possibilité de dire tout le mal qu'il pensait de son ancien patron. Ne faisons pas comme s'il ne s'est pas présen-té aux récentes présidentielles en conformité avec la loi. Ne faisons pas comme s'il n'a pas attendu l'avis du Conseil Constitutionnel avant de compétir. Ne faisons pas comme s'il igno-rait qu'il revenait à ce Conseil de proclamer les résultats. Ne faisons pas comme s'il ne se soit pas pourvu au contentieux. Ne faisons pas comme si son droit de parole ait été bafoué. Ne faisons pas comme si la plus haute juridiction en la matière ne s'était pas prononcée contre lui. Ne faisons pas comme s'il n'avait pas déci-dé de passer outre, lui seul, parmi neuf candi-dats. Et que lui seul, d'entre eux tous, souffre du sort qui est le sien. Ne faisons pas comme si, le jour de sa protes-tation, (étrange coïncidence), des hordes de marlous qui parlent son langage, brandissent ses effigies, aient, en son nom, disant agir sur ses ordres, saccagé des représentations diplo-matiques nationales. Ne faisons pas comme si elles ne poursuivaient pas cet étrange com-merce aujourd'hui encore, un peu partout sur la planète. Ne faisons pas comme s'il n'existait pas une disposition de notre loi reprimant semblables activités, et surtout, que ton champion en soit ignorant. Faisons - puisque tu le veux ainsi - semblant de croire que vos réunions soient d'innocentes préparations militantes. Ne faisons pas comme si votre parti reste autorisé à mener ses activités (je me demande bien pourquoi) ; et que, urbi et orbi, sur tous les médias et médiums existants sur le triangle national, il lui est permis d'injurier, de la manière la plus ignominieuse, les autorités nationales. Faisons comme si nous n'avions pas vu l'évidente collusion entre vous, vos partisans et les sépara-tistes désireux d'amputer notre pays. Faisons comme si nous vivions dans un uni-vers impertinent où des jeunes, parce qu'ils vivent en Occident et se croient, de ce fait, supérieurs à tous, peuvent railler nos miséra-bles efforts de construire le pays. Faisons comme s'ils avaient proposé autre chose que du verbiage ; eux qui ne font rien d'autre que caqueter à l'envi. Faisons comme si la momie qui nous tient lieu de chef - à nous que tu tiens pour le peuple de zombies - avait répondu à tout ce mépris et à toute cette ignominie par autre chose que du silence. Faisons comme si le silence était l'arme des faibles et des lâches et vos cancans, une preuve et une démonstra-tion de force. Mais ne faisons pas semblant d'ignorer qu'un homme a le devoir de préserver sa vie et un chef d'État, sa promesse constitutionnellle. Il semble que certains aient fait de l'impertinence et de la provocation, un fonds de commerce fort lucratif. Ces choses ont cours, tant qu'elles n'enfreignent pas la loi. Lorsqu'elles le font, elles en encourent les rigueurs. Nous ne fai-sons pas comme si notre pays était le plus jus-te au monde. Nous avons conscience de nos faiblesses. Nous sommes juste une citadelle assiégée par toutes sortes d'inimitiés. Ne fais pas comme si toi et les tiens n'en faisiez pas partie. Il se pourrait que, tous à la fois, l'État ne puisse vous restreindre. Mais ceux qu'il pour-ra, ne faisons pas comme si nous ignorons ce qu'il leur fera... »

*Edouard Bokagné* Facebook

Redigé par: Eric Adjouda.

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