Me Michelle Ndoki

L'avocate Michèle Ndoki, vice-présidente du directoire des femmes du MRC, écrouée à la prison principale de Kondengui dans le cadre des revendications post électorales, se prononce sur le grand dialogue national convoqué par le Chef de l’Etat

Mes compatriotes, allons chercher l'espoir. Donc, c'est enfin arrivé. Nous sommes passés d'un appel à la guerre à un appel au dialogue.

Merci, Seigneur, Allah, à la vie, à nos mères, pères, frères et sœurs, fils et filles. Merci pour votre engagement au Nations-Unies, à l'Union Européenne, à l'Union Africaine et au Africa Forum résolument engagé à accompagner le Cameroun à sortir de cette impasse.

Merci à tous pour vos mots, vos appels téléphoniques, vos réunions, vos lettres, vos conférences, vos articles, vos rapports, vos gros titres, vos messages sur Twitter, Facebook, WhatsApp, vos pensées, votre bonne volonté, votre dévouement, votre engagement pour la paix au Cameroun.

Il en faut plusieurs, parfois une personne, pour déclencher une guerre. La violence se propage, envahit, et pendant un moment, nous avons l’impression que la destruction conduira à l’ordre et à l’harmonie. Ensuite, inévitablement, nous réalisons que, comme toujours, l'ordre et l'harmonie résulteront de notre capacité à pardonner, à persuader, à créer, à aimer. Le temps est enfin venu d'admettre qu'il ne s'agissait pas de savoir qui est le plus autoritaire ou le mieux armé, mais de savoir comment concevoir notre destin. On ne nous demande pas de renoncer à nos proches qui sont morts injustement ou d'ignorer nos blessures encore si fraîches.

Nous nous devons, à nous-mêmes et à nos proches qui sont encore là, en colère et pourtant forts et vivants, de surmonter notre douleur. Le moment est enfin venu de trouver une réponse commune à cette question cruciale. Quel espoir y a-t-il pour le reste d'entre nous ? Bien sûr, l’amorce est faussée : Décider d'entamer le "dialogue" à Yaoundé avec l'actuel Premier ministre qui préside les pourparlers n'est pas souhaitable si l'on veut instaurer la confiance entre les parties. Tel qu’il est décrit et organisé aujourd'hui, cette initiative de dialogue, nous devons le dire, à très peu de chances de nous ramener à la paix. Néanmoins, nous devons reconnaître que la nécessité du dialogue est maintenant reconnue par tous, ce qui est un petit pas, mais un pas dans la bonne direction.

Le moment est venu de faire preuve de bon sens, de capacité de négociation et de persuasion. Pour commencer à exiger, à trouver des SOLUTIONS. J'espère et j’ai confiance que chacun d'entre vous, citoyens, activistes, journalistes, avocats, dirigeants, représentants des États de l'Afrique et du monde entier qui ont eu la gentillesse de se sentir concernés par la "catastrophe qui se prépare" au Cameroun savent que votre contribution singulière sera essentielle à la réalisation de ce que nous sommes sur le point de créer.

Nous allons transformer cette tragédie en une success story de gens suffisamment courageux et éclairés pour défendre l'intérêt général, au-delà de ceux de dirigeants égoïstes. Pour ce faire, nous aurons besoin de l’aide, du soutien et de l’influence des parties prenantes habituelles : elles se connaissent. Mais plus important encore, nous aurons besoin de vos yeux, de vos oreilles, de votre bouche et de votre cerveau.

Parlez, mes compatriotes, surveillez et faites savoir à vos dirigeants que vous surveillez. Le pouvoir du simple fait de regarder est plus grand que vous ne pouvez l’imaginer. Seulement avec vous, nous réussirons le Kamerun, le Cameroun ou l'ancien Cameroun que nous méritons.

Nous devrions être enthousiasmés par la perspective de créer le futur que nous voulons et ne pas hésiter à dire ce que nous pensons être juste. Nous y parviendrons et serons fiers de nous tous quand nous le ferons. Car nous aurons enseigné à nos enfants qu'il n'y a rien de mal à PENSER et à le dire. Je vous aime tous

Redigé par: Eric Adjouda.

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