La présidentielle dont les résultats portent Paul Biya vainqueur a été le prétexte pour les populations de glisser quelques vérités afin de sanctionner les élites de leurs localités respectives. La vérité des urnes en a dit assez. La vapeur de ceux-là qui croyaient pourtant avoir tout acquis à leur cause se renverse progressivement. Il faut y réfléchir.

«Le peuple n’est plus dupe», «rien ne sera plus comme avant», «on veut le changement», «nous ne sommes pas un bétail électoral» sont des expressions qui sont revenus à redondance dans les discours des populations pendant la période de la campagne électorale et dont la réalité s’est répercutée jusque dans les urnes le 7 octobre dernier. Il y’a une vingtaine d’années que les débats électoraux n’avaient plus fait couler autant d’encre et de salive.

Comme de tradition, les élus et élites locales sont descendus dans les rues des villes et des zones rurales afin de présenter l’offre politique de leurs candidats respectifs selon les partis, aux populations non sans les inviter à travers des discours séduisants et parfois pompeux, à opérer le meilleur choix dans les urnes. Naturellement, ils ont été des milliers à se rendre aux urnes le jour venu. Sauf qu’à bien de lieux, le peuple a choisi celui ou ceux entre les mains de qui ils trouvent mieux de remettre leur destin pour des lendemains meilleurs. Malgré la corruption qui a sévi lors des campagnes électorales, le peuple semble-t-il, a fait le choix de la raison.

C’est ainsi que la grosse désillusion s’est abattue sur certains visages lorsque sont parvenus dans les QG les rapports des procès-verbaux. Les chiffres parlant d’eux-mêmes d’une localité à une autre selon que les populations expriment leur mécontentement à l’égard de leurs leaders ou la joie à se faire représenter par ceux-ci. Ainsi, ceux des leaders qui entrent dans un cercle fermé de constitués d’hommes opulents à l’excès qui ne pensent au peuple que lorsqu’ils (ces leaders) sollicitent leur faveur ont été farouchement rabroué dans les isoloirs, lieu par excellence où le pauvre électeur devient roi. Les urnes ont par la suite parlé. Leçon magistrale pour cette caste d’individus qui ont en tout cas découvert leurs tristes, dures et incroyables réalités des villages qu’ils disent représenter et qui au 21e siècle vivent encore comme à l’âge de la pierre taillée. Sans route, sans électricité, ni eau potable encore moins des écoles dignes du nom. La colère du peuple est sans appel. Heureusement, il (le peuple) a compris que seules les urnes constituent la voie idéale pour prendre des décisions de façon pacifique. Le verdict final étant déjà connu, les élites pour ne plus être vomis, du moins pour ceux qui ont triomphé des urnes, sauront dorénavant se tenir. Servir et non se servir comme le veut la vertu.

Kevin Tiogo pour www.menouactu.com