La Chronique de Pompidou : Episode 1 - Dans mon bol de tapioca

Episode 1 - Dans mon bol de tapioca

Dans mon bol de Tapioca, il y a du tapioca, évidemment, à la couleur jaune comme l’étoile qui rayonne sur le rouge de mon drapeau.  Le rouge symbolise le sang du peuple versé pendant la guerre de décolonisation. L’étoile quant à elle  représente l’unification des deux parties de l’ancien Cameroun, en une seule nation, ainsi  va pour le tapioca trempé dans mon bol, à l’eau de la paix, et le sucre de l’amour.

Dans mon bol de tapioca, il y a toute la peine, le désespoir, le désarroi, la déception et la rage des populations des dix provinces, face à un régime qui lance les richesses du pays tellement haut que rien ne puisse retomber pour le peuple. Oh démocratie, gouvernement de l’eau pour le tapioca et par le tapioca! Oh démocratie, gouvernement du peuple faible par le peuple puissant et pour le peuple puissant en satisfaisant de ce qu’il y a dans notre bol de tapioca. La réponse populaire : « On va faire comment ? » C’est dire que même à ce niveau, nous ne parvenons pas à faire reconnaître nos droits de peuple faible, pour avoir la quantité de sucre nécessaire pour apaiser la quantité d’eau qui dilue nos problèmes, dans notre bol de tapioca. 

D’abord la guerre entre nous, les enfants d’une même patrie, comme si remuer le tapioca avait besoin de violence, la seule chose qu’on peut écraser c’est bien le sucre, nous sommes d’accord ? Ensuite, il y a eu cette attaque mondiale au Corona, qui pour nous, le peuple, engendre l’insuffisance respiratoire qui nous empêche de tenir durant tous les coups de cuillère dans notre bol de tapioca, pour qu’on étouffe et qu’on en meurt. Les hôpitaux sont tous pleins, plus de places pour de nouveaux cas auto-détectés qui risquer être plus tués par la peur et le stress que par le virus lui-même. Ayons toujours foi au sauveur. D’une crise à l’autre, les riches font des réserves de denrées alimentaires non périssables, la flambée des prix est observée dans nos  marchés, et nous sommes encore sereins lorsque les prix du riz, de l’huile contrefaite, du tapioca et du sucre ne connaissent aucune hausse…

Comme si ça ne suffisait pas, il est apparu sur nos médias, la rumeur sur l’état du PR, soi-disant qu’il serait mort. C’est dire qu’ils sont nombreux à n’attendre que ça! Cette rumeur a été traitée de «folle» comme s’il est éternel, il ira bien se reposer un jour. Pa’a Barthélemy a quand même 87 ans, président depuis 1982, ça fait exactement 38 ans que notre bol de tapioca est à moitié vide à moitié plein. On a apprécié ce qu’il a fait jusqu’ici, et ce qu’il n’a pas fait aussi car c’est bien plus remarquable. Le Père devrait penser à copier la stratégie politique de son homologue ivoirien: ‘‘Quitter le pouvoir avant que le pouvoir ne nous quitte’’ Qu’est ce qui le retient encore au pouvoir ? Son  régime ? Auraient-ils besoin d’un peu plus de temps pour dilapider nos richesses ? Au moins, Kondengui  deviendrait le nouveau siège du RPDC. Heureusement que la rumeur a été démentie. Et si elle n’est pas une rumeur, qui aurait succédé au trône ? Pa’a Kamto ?

En tout cas, je bois tant que l’eau n’a pas encore tari dans notre bol de tapioca. Il n’y a même pas assez de sucre…

Fin de l’épisode 1 – La Chronique de Pompidou

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